Qui était Elise Martin ?

Elise Martin était une sacrée dame, une femme de conviction. Elle a été institutrice aux Portes-en-Ré de 1917 à 1942. Depuis le 15 septembre 2013 l’école élémentaire du village porte son nom, à l’issue d’une cérémonie  émouvante qui a réuni ses descendants, les élus, et ceux et celles qui l’ont connue lorsqu’elle enseignait dans la commune.

Reportons en arrière et imaginons une jeune femme de 24 ans, née à Thou en Charente inférieure, qui débarque  à l’île de Ré  en 1914 avec un  certificat d’aptitude pédagogique tout neuf, voyant s’accomplir ainsi son rêve de devenir institutrice.

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Si le petit train m’était conté

Quand les Anciens nous racontent leurs anecdotes sur le petit train de l’île de Ré, il y a de quoi s’étonner et même rire.  Le premier train de voyageurs est né dans l’avant-dernier siècle. Il a circulé pour la première fois le 9 juillet 1898. Vous imaginez l’événement…, les femmes en robes longues et chapeaux, les hommes également coiffés. Le petit train mettait trois heures pour se rendre de Sablanceaux aux Portes, en sillonnant l’île de village en village. A pleine vitesse, il roulait à 20 km/h, il fallait même de temps en temps le pousser. Quand  il ne déraillait pas ! En 1927, cela lui est arrivé deux fois dans la même journée. Dans l’île, il reste encore des traces de ce passé, quelques anciennes gares existent encore.

 

A chaque rentrée depuis six ans, la Veillée des conteurs rétais prend place dans une des communes de l’île de Ré. Vendredi prochain, 20 septembre, elle aura lieu aux Portes en Ré, avec pour justement pour thème « Le petit train et les transports en Ré »

Le COREPOR (Collectif de Recueil du Patrimoine oral rétais) organise la soirée, animée par Michel Pelletier, en monsieur Loyal. A 19h30 il donnera le coup de sifflet du chef de gare pour  lancer la manifestation. On espère qu’il ne perdra pas la petite bille du sifflet comme ce fut le cas un jour, elle avait dû alors être remplacée, vite fait bien fait, par un petit pois cassé ! Continuer la lecture de Si le petit train m’était conté

Napoléon III, partition à quatre mains

Cet été un livre a retenu mon attention : « 1870, l’Année terrible », un livre écrit à quatre mains par Catherine Salez et Jean-Jacques Vergnaud. Vous connaissez sans doute les auteurs, ils habitent à Rivedoux à l’année. Catherine réalise des interviews pour la radio Soleil de Ré. Elle a également à son actif deux romans, écrits en solo. Jean-Jacques est auteur de pièces de théâtre, il est aussi artiste peintre. Ce livre est un roman historique, très documenté sur l’empereur Napoléon III.

Les auteurs ont cherché à réhabiliter à la fois le chef d’Etat et l’homme.

 

En complément du livre, j’ai assisté à leur conférence à la Médiathèque de Sainte-Marie de Ré. « Napoléon III est l’homme qui a fait la France moderne. Le second Empire fut  une époque tout à fait remarquable, qui eût à sa tête un homme tout aussi remarquable. Pourtant l’homme demeure encore mal connu et mal aimé des Français. Quelle injustice ! Tout ça parce que Louis-Napoléon n’avait pas le culte de la personnalité comme son oncle Napoléon 1er. Il n’a pas su écrire sa légende, il n’y a pas de mythe Napoléon III. De plus c’était un piètre stratège et il n’aimait pas la guerre » expliquent les deux auteurs.

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Fort du Grouin, maison de vacances

Philippe et Barbara Maynial m’ont toujours dit que le Fort du Grouin, à Loix, était « un fort pour 40 hommes et leurs 40 chevaux« . Il fait partie de la dizaine d’ouvrages militaires recensés à ce jour, construits sur un modèle totalement identique.

Il a été construit, en pierres de taille, vers 1740, sur des plans de Vauban, architecte militaire de Louis XIV. Il a été ensuite déclassé, ce qui signifie sans intérêt stratégique, puis ré-armé vers 1840. il retrouve alors toute son utilité, comme « fort de guet » pour informer La Rochelle de tous les mouvements de bateaux et de flottes qui circulent dans le Pertuis breton. Par la suite, il est totalement désaffecté.Loix - Fort du Grouin

Après la deuxième guerre mondiale, en 1949, il est vendu aux enchères publiques, à la bougie, par les Domaines.  Jacques et Anne-Marie Maynial, un couple parisien l’achètent. Ils venaient entre les deux guerres en vacances à La Couarde, un jour ils décident d’acquérir une maison. Ce fort était justement à vendre. Continuer la lecture de Fort du Grouin, maison de vacances

Vivre à l’heure solaire

D’après-vous, quelle heure est-il ?

En été, le midi solaire est à 14 heures légales. Hier, j’ai pris cette photo à 12 h 21, à l’heure de nos montres.  Le cadran solaire de l’église de Loix indique un peu plus de 10 h du matin. L’heure affichée est la vraie heure, celle du soleil, il fait déjà chaud mais l’astre n’est pas encore à son zénith.

Cet élément patrimonial vient d’être réhabilité bénévolement par Jacques Depauw, passionné du sujet : « Je connais cette église depuis quarante ans. Le style, la ferraille qui sort du mur, qui porte l’ombre sur les heures était replié depuis Mathusalem, sans doute accidentellement. J’ai proposé de le redresser ». 

Régler un cadran solaire est aisé et à la fois pas aisé. Idéalement l’opération doit se faire le jour du solstice d’été, c’est-à-dire le 21 juin à 14 heures, notre heure d’été actuelle. Le soleil est, à cet instant précis, parfaitement au zénith, et si le style est bien positionné, son ombre est à la verticale. Mais ce 21 juin il pleuvait… le lendemain le brouillard s’est levé, les jours précédents et suivants il y a même eu de gros nuages. « Je suis venu pendant cinq jours, dans l’espoir qu’enfin le ciel se dégage ! » sourit Jacques Depauw. En effet, deux ou trois jours après, il est encore possible d’assurer le réglage.

« La position du style peut sembler assez simple. Il doit être parallèle à l’axe de la terre, Continuer la lecture de Vivre à l’heure solaire

Portraits de Casserons

Les Casserons, comme chacun le sait ou ne le sait pas d’ailleurs, sont les habitants d’Ars-en-Ré. C’est ainsi qu’on les nomme, car jadis les eaux du port de ce village regorgeaient de « casserons« , une variété de petites seiches. 

Pendant trente années, de 1977 à 2007, Gabriel-Axel Soussan, passionné de photos, a saisi visages et attitudes des Casserons. Les uns et les autres se sont habitués à le rencontrer dans le village, muni de son appareil photo, shootant le vif de leur vie quotidienne. L’époque était alors à la photo argentique. En remerciement, il offrait un tirage qu’il réalisait dans son labo photo.

En 2008, 120 de ses photos ont été exposées à Ars. Le succès a été immédiat et fulgurant. Au vu des clichés, chacun y est allé de sa petite anecdote, les souvenirs ont spontanément remonté. « J’étais follement ému. Les gens sont venus comme en pélerinage, pour retrouver des visages amis, connus ou disparus » dit-il. Depuis, Gabriel-Axel Soussan, n’a eu de cesse de rassembler ces photos dans un livre. C’est chose faite après moults péripéties.

« Mémoire du village Ars-en-Ré 1977-2007 » vient de sortir. Le livre est à la fois émouvant et terriblement présent, alors que bien des visages ne sont plus là. Il est un généreux témoignage.

 

L’auteur raconte…. Lorsque je l’ai interviewé, il y avait un de ces vents ! Continuer la lecture de Portraits de Casserons