Circulation et circonvolution

Que de monde sur l’île pendant toute la semaine ! Généralement le week-end d’Ascension est chargé, cette année il durait cinq jours, et la météo n’était pas clémente. « On n’avait jamais vu cela », « C’est de la folie », « C’est comme un 15 août », « Des vélos et des voitures partout », « L’horreur », « Pire que jamais », « Tous aux abris », « Impossible de se garer, à part le stationnement sauvage », « Trop d’un seul coup », « Deux heures pour aller des Portes à Sainte-Marie vendredi »... je vous passe les nombreux commentaires entendus ici et là.

Le besoin d’évasion sans doute… L’île de Ré serait-elle un paradis ? Mais quelle forme prend ce paradis lorsque tout le monde est à tout touche sur la route, dans les magasins, sur les pistes cyclables, sur les plages quand enfin le soleil montre le bout de son nez, dans les restaurants… Finalement on n’est pas vraiment dépaysé, ça ressemble à la ville et à son lot quotidien de promiscuité.

Deux heures pour passer le pont en étant bloqué quotidiennement à l’entrée de l’île au nouveau giratoire de Rivedoux, véritable goulot d’étranglement, est-ce bien raisonnable ? 

 

L'oasis de Rivedoux
L’oasis, bien nommée…

10 heures 30 de route pour retourner chez soi, comme ce fut le cas, samedi comme dimanche, serait-ce le prix à payer pour avoir savouré un bol d’air ?

Aujourd’hui lundi tout semble apaisé, mais il y a encore bien du monde encore.

Une réflexion au sujet de « Circulation et circonvolution »

  1. « Finalement cela ressemble à la ville »…non ! il y a des villes dans le monde, où vélos, voitures et piétons se cotoient en respect des règles, dans le calme et la sécurité. Amsterdam. Dans l’île, le contexte est différent. Plusieurs types de dysfonctionnements y règnent, dans les périodes de vacances. C’est la grande relâche pour certains, à pied, ils ignorent tout ce qui peut être derrière eux, les voitures et les vélos attendront. « Nous sommes les rois ici » m’a lançée un jour un touriste  » sans nous vous seriez en train de crever de faim ». Ceci illustrant une des pires mentalité. En vélo, sur les pistes, et dans les routes et rues, des cyclistes ont décidé de pédaler côte à côte, ignorant « la queue leu leu », pire refusant même de laisser passer des conducteurs rhétais se rendant sur leur lieux de travail!. Quand aux automobilistes, et aux chauffeurs de camiping car, qui ont décidé de rouler, quoiqu’il arrive , du début à la fin de l’île à 60km /heure, y compris dans les portions à 50km/h , exemple dans le virage du Martray !, il est tout aussi dangereux de rouler hors zones à ralentissement, ceci incitant trop de voitures à doubler dangereusement. Comme en région parisienne, il y a des  » tueurs » , des chauffeurs prêts à tout pour passer, au péril de tous.
    Une grande révision du code de la route serait à faire dans ce pays , la France , où l’on obtient son permis de conduire à vie! ce n’est pas le cas ailleurs dans le monde!
    Au fait , qui a la priorité??? les vélos semblent vouloir être rois!…
    Quand aux braves travailleurs rhétais, qui doivent traverser l’île, et qui voient leur trajet se multiplier par 2,3 fois plus de temps, il y a de quoi craquer. Mme X. auxilliaire de vie, « non seulement on perd plus de 2h 30 de transport mais de travail aussi , et 3ème conséquence deux personnes âgées qui n’auront pas de soins, ce jour là » .
     » Y a -t-il une limite au gavage de l’île? « .
     » A t-on des chiffres précis d’entrée via le pont ?  »
     » Imaginez tous les cyclistes en voitures , ça serait pire !  »
    Une foison de réflexions , mais pas de solutions. L’île c’est en effet une circulation tous les jours d’été et de vacances, comme sur le périf bloqué, aux heures de pointes, et la pollution est la même…Partout on constate une dégénérescence du respect du code de la route. Détail important pourtant, le clignotant par exemple, dans un contexte comme celui de l’île, entre piétons, vélos et voitures, surtout dans les fameux nombreux ronds points de l’île! Là cela frise le carnage souvent. Ne pas mettre son clignotant, est une belle preuve de l’égocentrisme maladif, on a les  » je suis donc je roule , les autres je m’en fous, clignotant, rétroviseur, trop compliqué », et les  » je roule très vite, je double imprudemment, je n’ai pas le temps de prévenir! » et les  » je conduis d’une main et je téléphone de l’autre, pas de 3ème main pour le clignotant, désolé »
    Bref, des 15 aout il y en aura de plus en plus, malgré et en parallèle de la crise économique, la population grandit, et la démographie galopante ne cessera, dans les villes, dans l’île et ailleurs.
    La majorité des êtres humains ne vont pas vers l’évolution, la discipline, la notion « d’être trop », la plupart sont agressifs, irrespectueux, vociférateurs, moi la 1ère parfois en réaction à des insultes, à des comportements délibérés. La plupart d’entre eux arrivent très stressés, et souvent une semaine ne suffit pas à guérir ce mal d’époque.  » moi je leur mets double dose de Nutella dans le Panini, cela coule pas mal, dans le fond de la poche, et le temps qu’ils s’en sortent, ils sont plus calmes… ».
    J’ai, moi-même mis les pieds sur cette île, grâce à mes deux grands pères , qui l’ont eux-mêmes découverte après la guerre en 1941. Circuler en vélo, dans cette île, quand j’avais 7 ans, m’a soudain donnée un sentiment de liberté énorme; celui de trouver des racines aussi, en cotoyant de vieux rhétais, en apprenant le plus possible sur l’île, en respectant son éco-système. En 50 ans d’observation je remarque que nous récoltons ce que nous avons semé : beaucoup d’immobilier et de tourisme, peu de cultures nouvelles, peu de soutien à l’activité saulnière, et toujours si peu à l’entretien des dunes, des digues et des forêts. Je rêve d’un tourisme plus intelligent, d’un jour sans voiture, d’une plage où il serait interdit de faire du bruit, mais cela c’est une autre histoire.

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