Digue de Saint-Clément, d’un Pas à l’autre

Lorsque je trie mes photos pour écrire un post, je suis à chaque fois étonnée de constater combien le processus de reconstruction de la digue nord de Saint-Clément des Baleines est rapide.

Et pourtant le chantier est vraiment conséquent. Il part du Canot de Sauvetage, il suit le Pas de la Salle situé derrière le hameau des Doraux, puis le Pas de l’Anguillette, il se prolonge au Nouleau, pour finir au Pas de la Digue. 1600 mètres, ce n’est pas rien…

Comment a t-il évolué ces deux derniers mois ?

Saint-Clément des Baleines - Digue des Doraux - Pas de la Digue - 29 novembre 2016
Pas de la Digue – 29 novembre 2016.

LE PAS DE LA DIGUE. 

D’ici quelques mois, nous allons pouvoir nous balader ou nous prélasser en contrebas du pas, ainsi que les dessins du projet l’ont prévu.

Digue des Doraux - Avant-Projet - Source Conseil départemental - Novembre 2015
Source Conseil départemental.

De début octobre à fin novembre, le changement est spectaculaire. Le site est radicalement modifié, le mur est terminé dans la partie gauche. Semaine après semaine, le double pas prend forme. Arnaud Charrier, conducteur de travaux chez Ré-TP,  explique que couches de béton, couches d’enrochements et couches de béton sont superposées sur les Pas. Il n’y a ainsi aucun vide, les matériaux sont compactés entre eux. Ceci afin éviter que l’eau n’affouille en dessous.

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Une des particularités du site de Saint-Clément, ce sont les algues omniprésentes, surtout à cette saison. De tous temps, le Pas de la Digue a été un lieu prisé par les Rétais. Ils venaient y recueillir le sart, comme on appelle les algues ici, afin d’amender leurs champs.

Avec les travaux, la digue d’enclôture du chantier constitue une belle nasse pour les algues. Les bestioles qui s’y cachent font le régal des oiseaux migrateurs et des sédentaires. On a l’impression qu’ils se donnent rendez-vous ici, le garde-manger est incroyablement fourni et particulièrement délicieux.

Ces tapis d’algues sont certains jours très verdoyants et bien beaux à contempler. En revanche, lorsqu’ils se décomposent, l’odeur est saisissante…

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Certes, ces algues font le bonheur des oiseaux. Mais pour ce qui est du personnel du chantier, c’est une toute autre histoire. Mi-novembre, la houle et le vent ont été particulièrement forts. Sous l’effet conjugué des éléments + le poids des algues, de nombreuses ferrailles en acier de la structure des futurs murs se sont tordus, voire ont cassé !

Incroyable… Certains jours, il y a eu plus de deux mètres d’algues au Pas de la Digue. Pour continuer le chantier, il a fallu retirer le sart avec les pelleteuses, et finir à la main, à la pelle et au râteau. Et aussi redresser les tiges, puis en reficher de nouvelles dans le béton, pour remplacer celles qui s’étaient brisées.

Lorsque je vois les dégâts, je reste bouche bée. Le personnel du chantier, pourtant habitué aux travaux maritimes, n’en revient pas non plus. C’est dire combien le mur de béton et les enrochements devront jouer leur rôle à plein, à cet endroit.

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LE NOULEAU.

Ainsi que je l’ai déjà écrit, le pas d’accès d’antan est supprimé. Au Nouleau, la portion de digue est sans doute la plus longue du site. De toute évidence, ce sera un magnifique lieu de promenade.

Digue des Doraux - Avant-Projet - Source Conseil départemental - Novembre 2015
Source Conseil départemental.

Du Pas de la Digue jusqu’au Nouleau, l’assise du futur mur apparaît au fil des semaines. Les ferrailles sont posées. D’ici peu, le mur en béton sera érigé.

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Au Nouleau, un morceau de digue d’une longueur de 50 mètres avait été refait en 2008, car l’antique digue était tellement abîmée que lieu était devenu totalement vulnérable. Dans l’urgence des travaux avaient été entrepris. A l’époque, le chantier avait été confié à l’entreprise La Verchéenne, celle actuellement en charge de la reconstruction de la digue du Boutillon.

Il a été décidé de garder le bas du mur reconstruit il y a huit ans, mais d’en araser la tête. En pied de digue, les enrochements seront posés sur la partie encore utilisable. En haut de digue, le mur sera neuf, en continuité de l’ensemble de la nouvelle construction.

Qui sait si dans une centaine d’années, lorsqu’il y aura besoin de refaire cette digue, les archéologues se poseront la question du pourquoi ce morceau a été conservé ?

Juste à côté de cette portion de digue, des rapetas avaient aussi été régulièrement entrepris, en urgence, à chaque fois que la vieille digue se disloquait et menaçait de céder. Esthétiquement parlant, ces colmatages n’étaient pas très beaux. Mais là aussi l’agrégat de cailloux, de ciment, de béton, s’avère vraiment résistant. Il faut plusieurs semaines pour venir à bout de leur destruction. Les pelleteurs ont de la de la patience, le BRH (brise-roche hydraulique) est à l’oeuvre des jours et des jours durant.

Tac, tac, tac, tac… Cela semble aussi compliqué que pour les blockhaus de la Conche !

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Plus que 400 mètres, et les murs de béton se rejoindront.

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MARDELLE

Les enrochements ont débuté de l’autre côté du Pas de La Mardelle. Le ballet du camion qui rapproche les pierres est incessant. Le pelleteur agence avec minutie les cailloux, un à un. C’est un long et savant boulot, que d’empiler ces roches, suivant leur couleur et leur forme.

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Les murets de bordure du futur espace de sécurité sont fabriqués sur place par l’entreprise Bonnet. Tout comme les couronnements de forme arrondie, positionnés sur le haut du mur de la digue. Du béton, de la même teinte que celle du mur de la digue, est coulé dans des moules. Au fur et à mesure, ils sont stockés en attendant leur destination finale.

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A La Mardelle, début novembre, la pose du muret et les couronnements du mur de digue sont terminés. Encore un nouveau tronçon qui s’achève de ce côté-ci.

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ANGUILLETTE

Fin octobre, 600 mètres de digue, d’enrochements, de muret et de couronnements sont terminés, du Pas de la Salle jusqu’à l’Anguillette.

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Il est étonnant de constater que la mer a vite repris ses droits. Les jours de vent et de houle, elle vient maintenant buter et s’écraser sur les enrochements. Les galets, les cailloux, rentrent partout dans les interstices des rochers.

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Le 24 octobre, est jour de visite pour les élus de l’île et les journalistes. Il fait froid, gris et venteux… Lionel Quillet, président de la Communauté de Communes, le maire de Saint-Clément, Gilles Duval, les responsables des entreprises Ré-TP et Bonnet répondent aux nombreuses questions des uns et des autres.

Lionel Quillet indique que le haut de la digue est réservé aux Services, notamment pour la circulation des engins de sécurité, si besoin était. La promenade ne sera pas accessible aux voitures, ni aux quads, ni aux véhicules à moteur. Seuls les piétons pourront y passer. C’est ainsi que la loi l’autorise, partout en France. Normalement, même les vélos n’auraient pas droit de cité ! Nous n’en croyons pas nos oreilles…. Mais tous nous savons bien que les bicyclettes sont transparentes… Quelle belle balade en perspective !

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LE PAS DE LA SALLE

C’est là qu’ont débuté les travaux il y a un an. Là, toute la partie béton est finie. Quand je pense à la physionomie du chantier telle qu’elle était, ça fait tout drôle !

La promenade est à sa hauteur quasi définitive. De la terre et du sable ont été apportés pour la surélever jusqu’aux trous d’évacuation d’eau résiduelle.

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L’escalier d’accès à l’estran a été posé début octobre. Je n’ai pas encore compté son nombre de marches ! En tout cas, il s’intègre parfaitement bien dans le décor.

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Je ne me lasse pas de la vue de la digue depuis l’estran du Pas de la Salle et du Pas de l’Anguillette. Elle en impose, je me sens toute petite.

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Pierre Paulais, chargé de la surveillance des Ouvrages d’Art à la Direction des Infrastructures du Département, a pris ce cliché panoramique du lointain de l’estran. Il m’a aimablement confié sa photo pour l’insérer dans le blog. Elle montre bien la forme de la digue.

Digue de saint-Clément - Vue de l'estran  - Photo Pierre Paulais - 18 octobre 2016
Photo Pierre Paulais – 18 octobre 2016.

AU CANOT DE SAUVETAGE

Ainsi que les dessins du projet le montrent, il n’y aura pas de mur de digue à cet endroit. Juste un sentier entre le Pas de La Salle et le Canot de Sauvetage, avec un talus en enrochements en bas.

Les enrochements ont commencé début novembre.

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En vidéo, je vous propose de revenir sur ces deux mois de travaux :

VEGETALISATION
Maintenant que la première ligne du muret est édifiée, la future végétalisation en arrière du cheminement de la digue est à l’ordre du jour. De la terre a été récupérée à partir de la destruction de la vieille digue. Elle a été triée et mise de côté.

Déjà les camions font le va-et-vient pour remblayer derrière les murets de l’Anguillette à la Mardelle. Des espèces végétales devraient commencer à y être plantées d’ici la fin de l’année.

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Il n’est pas rare de croiser encore quelques camions chargés de pierres. Mais beaucoup moins que ces derniers mois.

Prendre un bol d’air, c’est vraiment sympa. Toutefois, pour ceux qui travaillent au quotidien sur la digue, les conditions météo ne sont pas toujours clémentes. A chacun de mes passages sur le chantier, je leur dis merci de construire cette protection pour notre territoire et notre sécurité.

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Tous les mardis une réunion de chantier prend place. Les équipes du terrain et celles du Conseil départemental et de la Communauté de Communes font le point sur les travaux en cours et à venir. De temps en temps, se joignent aussi à eux d’autres intervenants, parties prenantes du dossier, tels Céline Triolet, inspecteur des sites à la DREALE (Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement) et de Stéphane Gardré Ingénieur du Patrimoine.

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Je vous donne rendez-vous dans quelques semaines pour la suite de ce chantier. Sachant qu’il s’arrête pendant les Fêtes de fin d’année, du 23 décembre au 4 janvier. La prudence s’impose néanmoins. Pour des raisons de sécurité, l’accès au chantier reste interdite, ainsi que le précise la mairie de Saint-Clément.

 

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