La digue de Saint-Clément en chantier

Ça y est ! Les travaux de reconstruction des digues Ouest de Saint-Clément des Baleines, communément appelées Digue des Doreaux, ont débuté. Comme pour le Boutillon et la Flotte, ils sont réalisés dans le cadre du PAPI de l’île de Ré (Programme d’Actions de Prévention contre les Inondations).

Le 12 novembre les premiers camions, chargés d’énormes blocs de pierres, sont arrivés dans le nord de l’île.

Saint-Clément des Baleines - Digue ouest - 16 novembre 2015
Lundi 16 novembre.

Il va falloir s’y habituer, le ballet des camions va se poursuivre jusqu’en mars 2016. C’est pour une bonne cause ! 

Il est prévu d’acheminer sur le site 100 000 tonnes de pierres. Au total, 4 500 chargements assureront l’approvisionnement. A raison de 40 camions par jour qui font des allers et retours, transportant chacun entre 23 et 25 tonnes de très très gros cailloux. Les pierres viennent de Vendée, notamment de Château d’Olonne et de Challans. Trois heures de route leur sont nécessaires pour atteindre le chantier. Ils en font en général trois trajets en deux jours.

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Un scénario avait envisagé d’acheminer les pierres par la mer. Il s’est avéré bien trop compliqué, d’autant qu’à cet endroit de la côte est sauvage, la mer tumultueuse et la banche, la roche, est présente jusque loin au large. D’ailleurs, des bateaux s’y sont échoués en s’approchant trop près du rivage… Et puis cela risquait de chambouler les petites bêtes qui vivent dans la mer.

Saint-Clément des Baleines - Digue ouest - 20 novembre 2015
Vendredi 20 novembre.

La reconstruction porte sur 1 600 mètres. Une longueur deux fois et demie plus importante que celle de la digue du Boutillon. La nouvelle digue commence depuis le Canot de Sauvetage pour finir au Pas de la Digue. Elle comporte plusieurs secteurs : Le Nouleau, La Mardelle, L’Anguillette, Les Petits Prés.

La nouvelle digue sera à la cote NGF comprise entre 7,50 m et 8,70 m. La hauteur de référence réglementaire étant Xynthia + 20.

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Les assauts de la mer sauvage, de la houle et des tempêtes ont eu raison de l’ancienne digue. De nombreuses fois, et à plusieurs endroits, elle avait été colmatée dans l’urgence, lorsque des interventions localisées s’étaient avérées nécessaires. Qui n’a pas constaté les franchissements des paquets de mer à cet endroit, lorsque la mer est déchaînée ?

Selon les secteurs, elle avait été construite entre 1840 et 1883. Elle va être entièrement désossée, ses pierres seront concassées et réutilisées pour la construction du nouvel ouvrage. La configuration de la nouvelle digue sera différente de l’ancienne :  elle sera un peu surélevée, en gros d’un mètre, et avancée d’environ 2 mètres sur l’estran.

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Les études de réhabilitation de la digue ont commencé en début d’année 2011, soit un an après le passage de Xynthia. Elles ont été menées par SCE-Créocéan. En amont des travaux, un consensus a dû être trouvé entre les différents acteurs du territoire et l’Etat pour définir quelle serait la solution la mieux appropriée.

Plusieurs scénarios ont été étudiés : digue maçonnée reconstruite à l’identique ?  digue en enrochements ? C’est ce dernier scénario qui a été retenu. Il s’est avéré fiable en terme de protection sur tout le linéaire, tout en optimisant le coût des travaux. Une digue maçonnée aurait coûté au moins le double de l’enrochement.

La protection retenue se compose d’une digue à talus, constituée de plusieurs couches d’enrochements de couleur claire, surplombés par un muret de couronnement en béton armé, teinté dans la masse pour s’harmoniser avec l’environnement.

Le site est classé, le programme de travaux a donc été soumis à l’autorisation de l’Etat. La Commission départementale des sites et le ministère de l’Environnement ont donné un avis positif. Comme cette digue se situe dans le périmètre de protection du monument historique qu’est le Phare des Baleines, le projet a été soumis à l’avis de l’Architecte des Bâtiments de France.

A la fin de 2014, une mission d’inspection générale du collège Espaces protégés, paysage et patrimoine du Conseil Général de l’Environnement et du Développement Durable est intervenue. La dimension patrimoniale du site classé a été intégrée. Ont été pris en compte le profil et la disposition des enrochements, la qualité de la partie haute de la digue, le mur de couronnement, les pas d’accès, l’espace piétons, ainsi que la qualité de la reconstitution du cordon dunaire.

Une risberme, sorte de plan incliné, au milieu de digue, a été imposée. Elle permettra de rompre visuellement la pente unique. Elle sera de 3 mètres de largeur. Cependant le coût supplémentaire est de 1 600 000 €.

Les accès à la plage seront carrossables et mis en sécurité. Il n’y aura plus que trois pas : L’Aiguillette, La Mardelle et La Salle. Celui du Nouleau est supprimé, c’est par là que la mer avait tendance à s’y engouffrer le plus.

A l’arrière de la protection, derrière le cordon dunaire, une zone de stockage des eaux résiduelles sera creusée en surface.

Un chemin en arrière du muret permettra aux piétons et vélos de se balader. Sa largeur moyenne sera de 4 mètres.

Des plantations entre le nouveau chemin et le bout de dune seront effectuées. Le cordon végétalisé existant sera majoritairement conservé. Toutefois il sera également restauré le long du chemin aménagé, avec des espèces locales.

Les documents du Conseil départemental expliquent tout cela, comment c’était avant et comment ce sera après :

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Il va en coûter 8 900 000 € HT au total. Ainsi que le sont les PAPI de l’île de Ré, ils sont financés à 40 % par l’Etat, 20 % par la Région, 20 % par le Conseil départemental et 20 % par la Communauté de Communes.

La première étape a donc débuté. Elle consiste à entreposer les enrochements au bord de la future digue et sur l’estran. Ils font office de mur de protection pour le chantier et aussi pour les habitations alentour. C’est en quelque sorte une digue de clôture provisoire.

Le poids de chaque bloc varie de 1,5 à 3 tonnes. Chaque jour environ 1000 tonnes arrivent sur le site. Lorsque la benne se vide on dirait une avalanche, le bruit est terrible ! Quand il y a du vent, comme ces derniers jours, la prudence et la sécurité sont de mise.

Cette digue provisoire est haute de plus de trois mètres. Ces mêmes grosses pierres seront ensuite utilisées pour la future digue. Les rochers beiges rouges clairs sont de la rhyolithe. Les noirs sont de la diorite, ils serviront en sous-couche.

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Si vous avez envie de voir des pierres et camions en action, voici quelques images de la première semaine de chantier :

Les travaux ont été confiés à un groupement d’entreprises. Ré TP en est le mandataire. Pour la partie protection en enrochements, le génie civil est assuré par les entreprises Coda et Bonnet, et pour les terrassements et la constitution de la digue : Ré TP et Eiffage.

Pour la partie des aménagements paysagers, des terrassements et de la constitution du cordon dunaire, Ré TP et Eiffage interviendront, et pour le végétal se sera ID Verde.

La maîtrise d’ouvrage est assurée par la direction du Développement durable et de la Mer, du Conseil départemental de Charente-Maritime. La Direction des Infrastructures assure la maîtrise d’oeuvre. A l’issue des travaux, la Communauté de Communes deviendra gestionnaire de l’ouvrage, la responsabilité pénale et des charges de l’ouvrage lui sera transférée, elle devra donc l’entretenir.

Le 20 novembre, les équipes étaient sur le terrain. « Un projet colossal, très lourd à monter » a déclaré Lionel Quillet, vice-président du conseil départemental  « Un grand événement, c’est la survie du village » a souligné Gilles Duval, maire de Saint-Clément.

Les sourires en disent long ! Depuis le temps que ce chantier était attendu… Cinq ans pour voir les premiers engins sur le terrain. Et pourtant, le projet a bénéficié de procédures simplifiées, elles ont permis de raccourcir les délais. Les travaux dureront jusqu’à la fin de l’année 2018.

Saint-Clément des Baleines - Equipes de travail pour la reconstruction des digues Ouest
Vendredi 20 novembre 2015.

Le chantier et les voies d’accès au chantier sont bien évidemment interdits à toute circulation des voitures, vélos et piétonsLa mairie de Saint-Clément des Baleines indique sur son site internet les cheminements autorisés pendant les travaux. Le chantier sera interrompu en fin d’année 2015, et pendant la saison estivale  en juillet et août.

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Et toujours au loin le Phare !

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D’autres digues sont en construction en Charente-Maritime, dans le cadre des PAPI. D’ici 15 jours des chantiers vont débuter à Aytré/Angoulins et Port des Barques. Puis en début d’année, ce sera le tour de Saint-Trojan.

 

 

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