Pelle amphibie, premier chantier

Depuis un mois, un long bras jaune dépasse des marais d’Ars, ou plutôt quelque chose qui ressemble à un cou de girafe de 12 mètres de long.

C’est la pelle amphibie que l’AEMA (Association des Etangs et Marais) a acquise pour l’entretien des zones humides, jusque-là inaccessibles aux traditionnelles pelles à chenilles.Pelle amphibie - Bras girafe

Son châssis est monté sur vérins, il permet l’écartement des flotteurs. Au travail, elle mesure 4,80 m de large. Elle a été conçue en Finlande, pays de tourbières. Elle pèse 24 tonnes.  Ses deux caissons flottants, permettent l’amphibie lorsque la mer remonte. Son réservoir de 1000 litres, favorise la stabilité et l’autonomie en carburant. Les huiles utilisées (hydraulique,  graissage et moteur) sont bio, pour tenir compte du milieu protégé environnant.

Mercredi dernier, 20 février, la pelle amphibie a fait sa première sortie officielle pour se diriger vers le chenal des Rouets, là où se fera sa première intervention. Il y avait un peu d’émotion à voir l’engin se faufiler entre les méandres des marais.

L’objectif de tout cela : le curage et l’entretien des chenaux, le retrait des encombres, la protection des berges, la lutte contre les plantes invasives et la restauration des ouvrages hydrauliques. Ce travail a été confié à l’AEMA à la suite de l’appel d’offres lancé par la CDC pour l’exécution du CTMA (Contrat Territorial volet Milieux Aquatiques),  nouveau nom donné au CRE-ZH (Contrat de Restauration des Zones Humides). 

« Dans ces zones humides parfois délaissées, endiguées et salées, se côtoient des marais salants, des marais ostréicoles, des marais aquacoles et des marais de loisirs » précise Jean-Bernard Ansoud, président de l’AEMA. 

A plusieurs endroits la largeur du chenal des Rouets atteint 80 mètres. « L’intervention devrait durer un peu moins de deux mois, ça se passe pour le moment plutôt bien » atteste Benjamin Courtadon directeur de l’AEMA. Le chenal sera réaligné en corrigeant les méandres afin de faciliter la circulation de l’eau. Pour un résultat optimisé, les travaux s’effectuent lors de faibles coefficients de marée ou au mort d’eau.

Les parements de pierres, ancestraux et patrimoniaux, seront préservés, tout comme certains herbiers conservés. La vase, dont l’épaisseur est parfois de deux mètres, sera recueillie et utilisée pour conforter les berges côté marais, ou pour combler quelques méandres.

Pelle amphibie - 1ère sortie
Au volant, Grégory. Ses collègues le surnomment amicalement « le Mozart de la pelleteuse ».

La CDC est maître d’ouvrage.  La pelle a coûté  421 000 €, elle est en partie financée par les travaux du CTMA.

Ce matin, visite à la pelle, en action. Je vous laisse découvrir les images plutôt spectaculaires… Le chenal commence à se profiler. Il faisait froid avec une petite pluie neigeuse et du vent…

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