Eglise d’Ars-en-Ré, travaux, mystères et mécénat

Depuis un an et demi, l’église d’Ars-en-Ré est en travaux. Les extérieurs ont été restaurés de novembre 2016 à juin 2017. A la rentrée 2017, la restauration de la partie Nord a débuté. Depuis peu, on commence à distinguer les contours de ce que devrait être l’édifice intérieur.

Le chantier est colossal. Il fait appel à toutes sortes de corps de métiers, qui doivent se coordonner dans le temps et dans l’espace. Sans compter les surprises qui surviennent immanquablement, lorsqu’on s’attaque à un bâti vieux de neuf siècles.

Ars-en-Ré - Travaux église - 17 avril 2018
17 avril 2018.

Tout l’hiver, il y a eu des échafaudages partout. Une fois les vieux enduits piochés, les pierres des murs sont apparues à nu.

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Les murs ont été ré-enduits à la chaux, comme jadis.

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Dès 1880, l’église, telle que nous la connaissons, avait été peinte, et repeinte, en blanc. Le but était louable : il fallait “ faire propre ”, alors que traditionnellement les églises présentaient de la couleur. Les sondages de reconnaissance des décors peints, réalisés en septembre 2017 par Lucie Roques, ont permis de déceler que l’église d’origine présentait une couleur ocre jaune dans certains points de l’édifice.

Plusieurs essais de badigeon ont été réalisés pour retrouver cette couleur initiale.

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Les piliers et les nervures des voûtes sont désormais d’un ton ocre jaune, un peu soutenu. Les murs sont un peu plus clairs, dans un ton crème. L’ensemble apporte une impression de douceur et de quiétude.

Ars-en-Ré - Travaux église - 3 avril 2018
3 avril 2018.

L’effet ton sur ton révèle encore mieux l’architecture de l’église. Et depuis que les échafaudages ont été enlevés, c’est encore plus vrai.

La base des piles n’a pas encore reçu de badigeon de couleur. Il sera fait d’un seul tenant, en même temps que la partie de l’autre côté, celle qui donne dans le choeur même de l’église, afin d’éviter les démarcations de teinte.

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L’église d’Ars a la particularité d’être composée de trois bâtiments. Le livre de Pierre Goguelin, Les trois églises d’Ars-en-Ré, paru en juillet 2003, est une référence en la matière. Une vraie bible, pour comprendre cette évolution au fil des siècles, car beaucoup de documents ont disparu à propos de cette église.

Une trace d’absidiole a été découverte l’hiver dernier. Autrefois, elle constituait une partie saillante du bâti. Ars-en-Ré - Schéma Pierre Goguelin

Les moellons de sa chaîne ont été soigneusement entourés d’enduit pour être mis en valeur. C’est aujourd’hui un témoignage visuel de ce qu’était l’église au XIIème siècle. Et c’est très beau.

Fin octobre 2017, en dégageant les vieux enduits, un peu à droite et au-dessus de cette absidiole, l’entreprise Les Compagnons Réunis, chargée de la restauration, a mis à jour une fenêtre romane encastrée.

L’ouverture est située au dos du bâti de la seconde église, dite priorale, là où les fonds baptismaux sont, de nos jours, installés. Elle est calée entre l’angle du bâtiment et le départ du vestige de l’absidiole. “ C’est assez osé ” constatent Elsa Ricaud et Stéphane Berhault, les deux architectes du Patrimoine qui coordonnent le chantier.

 

Pierre Goguelin - Les trois églises d'Ars-en-Ré - Juillet 2003

La baie était obturée avec des pierres et des morceaux de bois. Elle a été déblayée, puis consolidée avec un enduit à la chaux.

Ars-en-Ré - Travaux église - 9 novembre 2017
9 novembre 2017.

Sur les pierres, des traces colorées ont été découvertes. Ce sont des dessins de feuillages ! Magnifique et émouvant…

Qui les a peintes ? Au XIIème siècle ? Quelle signification ont-elles ? Le passé remonte au grand jour.

Ars-en-Ré - Travaux église - 9 novembre 2017
9 novembre 2017.

Il a été décidé que Lucie Roques, restauratrice d’objets d’art, intervienne pour dégager chaque côté de l’ouverture. Une belle surprise : il y a là dessiné un bouquet de feuillages bi-colores, du noir et du rouge.

Ars-en-Ré - Travaux église - 16 avril 2018
16 avril 2018.

Les dessins sont fragiles. A certains endroits ils cloquent. A d’autres, ils sont recouverts de couches de matériaux durs. Pour les mettre à jour il faut y aller au scalpel, avec d’infinies précautions. Le travail de conservation semble être périlleux. Il faut consolider, et fixer en dessous, en injectant un produit spécial. Une oeuvre de fourmi minutieuse, qui permet de redonner vie aux contrastes colorés.

Mais quelle satisfaction, et quelle gratitude, lorsque les dessins apparaissent peu à peu. Il y en a des deux côtés de la fenêtre. Le noir semble avoir été réalisé avec du charbon, et l’ocre rouge avec de la terre.

“ Le motif des représentations florales est libre, non répétitif. C’est la première fois que je vois cela ” s’étonne Lucie Roques.

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Qui sait, peut-être aurons-nous la chance de voir une telle autre fenêtre apparaître, en symétrie, du côté opposé, au Sud de l’église, lorsque cette partie-là sera en restauration.

Ars-en-Ré - Travaux église - Dessins dans fenêtre romane - 25 avril 2018
25 avril 2018.

Les travaux de l’église sont suivis par Manuel Lalanne de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles) et par l’Architecte des Bâtiments de France. La décision de garder, ou non, d’anciens décors est prise collectivement, en fonction de leur intérêt patrimonial et des contraintes techniques du chantier.

Les feuillages inédits du XIIème siècle vont désormais être un élément supplémentaire de curiosité d’aller visiter l’église.

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Sur une pile, entre le bras nord du transept roman et le coeur gothique, des vestiges noirs ont également été découverts. Il y a là des inscriptions en lettres gothiques et des motifs de traits noirs.

Ars-en-Ré - Travaux église - Dessins - 26 mars 2018
26 mars 2018.

Une mise à jour, plus précise, a été tentée. Il s’avère que les couches d’enduits résistent au scalpel, en dépit de longues heures passées à les dégager. Même des compresses imbibées d’eau déminéralisée pour faire fondre l’enduit n’y ont rien fait.

Ces murs ne veulent pas parler, ils ne sont pas lisibles dans leur intégralité. Nous ne saurons donc pas leur signification. D’autant qu’au fur et à mesure des semaines à l’air libre, ils se ternissent et s’estompent. Décision a été prise de les recouvrir de chaux.

Les photos prises témoigneront qu’ils sont bien là, sous les nouveaux enduits. Ceux qui restaureront l’église, dans 200 ou 300 ans, disposeront peut-être d’autres moyens techniques.

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Juste pour cette partie Nord de l’église, celle actuellement en restauration, dite Allée de la Vierge, la superficie au sol est de près de 150 m2.

Pierre Goguelin - Les trois églises d'Ars-en-Ré - Juillet 2003

Au début du XXème siècle, les vieilles pierres du sol de l’église ont été recouvertes de ciment. A l’époque, on croyait bien faire, et on ne savait pas que cela empêchait l’évaporation de l’eau du sol.

Ars-en-Ré - Travaux église - Sols - 9 novembre 2017
9 novembre 2017.

Des essais de suppression de ce ciment ont été effectués. A beaucoup d’endroits, le revêtement est incrusté dans les vieilles pierres du dessous. Lorsque les dallages anciens blancs apparaissent, leur surface est très lisse, douce au toucher.

Les questionnements sont nombreux. “ Une telle usure se constate habituellement sous les halles de marché où se déroulaient les criées. Ce n’est qu’au XVIIème siècle que les églises ont commencé à être meublées, hormis le choeur consacré à la liturgie. Auparavant elles étaient comme des halles vides. Il semble ici que des choses aient été traînées sur le sol ” s’interroge Stéphane Berhault, architecte du Patrimoine.

Nous sommes là dans la troisième église, dite paroissiale. Elle date du 16e siècle. Je pense aux sabots, aux pieds nus, aux bottines, qui ont foulé ce sol.

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A propos de ces sols, j’ai plongé une nouvelle fois dans le livre de Pierre Goguelin.

Les trois églises d'Ars-en-Ré - Pierre Goguelin

Page 45, il écrit : “ En 1762, l’église est entièrement pavée (pavée ou repavée ?) par André Large avec les pierres du glacis du mur Ouest de l’enceinte. Ce pavage existe toujours sous les bancs de l’allée centrale. Il est aussi visible sous la chaire à prêcher… Notons que paver 650 m2 avec des dalles de quelques 10 cm d’épaisseur représente 65 m3 de pierres bien taillées ”.

Page 47, il note : “ L’église a été fermée au culte à compter du 13 novembre 1793. Le 3 février 1794, le conseil municipal écrit : Nous avons fait disparaître de notre ci-devant église tous les bancs et confessionnaux et tout ce qui rappelait la superstition. Nous y avons formé une enceinte propre aux séances populaires ”. 

Page 51, il relate : “ Le service ne reprendra qu’à partir de fin 1803. Le fonctionnement normal reprend son cours avec son curé, son vicaire et son conseil de fabrique. Les églises sont restaurées par les dons et le travail des paroissiens. Il est probable que les fabriciens vont parer au plus pressé en réinstallant provisoirement tout ce qui a été récupéré. Tout cela est en fort mauvais état : le sol lui-même (le pavement de 1762) commence à donner des signes de fatigue. Il va falloir refaire et restaurer ”.

Page 57, il consigne : “ En 1885, le conseil de fabrique reconnaît la nécessité de faire réparer le pavage de l’église, tant à la porte d’entrée que dans les allées ”.

Page 61, il mentionne : “ En 1929, le pavement de 1762 étant devenu chaotique dans les deux vaisseaux latéraux, hors les allées de mortier de la fin du 19ème, il n’y avait que deux solutions : la première était de retourner les dalles, quitte à en retailler certaines et en acheter de nouvelles, mais c’était un travail difficile et long ; la seconde consistait à tout noyer dans une dalle de ciment. C’est hélas pour l’esthétique, la solution qui fut retenue. Au fil des ans, à l’exception du sol des chapelles, les côtés des allées latérales furent progressivement bétonnés ”.

Eh oui. Ces phrases viennent corroborer les pré-suppositions de l’architecte du Patrimoine. Ces anciens dallages semblent être âgés de plus de 250 ans.

Malheureusement ils se sont révélés trop vétustes. Leur usure est trop prononcée pour être rendues au service aujourd’hui. Ils étaient posés à même le sable. Leur dessous est irrégulier et rugueux. Les pierres ne peuvent même pas être retournées.

Ars-en-Ré - Travaux église - Sols - 20 novembre 2017
20 novembre 2017

Fin mars, les mini-pelles de démolition sont passées par la grande porte d’entrée. C’est la première fois que nous voyons un tel engin traverser l’édifice ! Un temps l’église a dû être fermée aux visiteurs.

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L’église d’Ars-en-Ré est incontestablement humide. C’est son problème n° 1. L’eau provient de partout : du sol, du ciel, des trous dans les vitraux, et de l’air marin ambiant. Un des premiers gestes à l’égard du bâti a été de refaire l’étanchéité des toits. Les armatures des vitraux laissaient aussi passer de humidité, ils sont en atelier pour réfection. Les remontées capillaires du sol sont des problèmes cruciaux, l’ancien ciment n’a fait qu’accroître l’humidité.

Actuellement, les murs restent désespérément humides. On ne peut que souhaiter qu’avec tous ces travaux les choses s’apaisent progressivement.

Ars-en-Ré - Travaux église - 8 novembre 2017
8 novembre 2017.

Mais ce n’est pas tout. Sous l’église, il y a de l’eau !

Lorsque le vieux dallage a été retiré, un puits, partiellement remblayé avec de la terre, a été découvert au pied de la balustrade du fond de l’Allée de la Vierge. Encore un nouveau questionnement…

Ars-en-Ré - Travaux église - Puits - 26 mars 2018
26 mars 2018.

Une explication est avancée. Lorsque l’église est devenue trop petite pour accueillir la population, à la fin du XVIème siècle, voire au tout début du XVIIème, elle a été agrandie vers l’Est. Les deux chapelles latérales,  qui forment un faux transept, ont été achevées en 1651.

“ Le puits devait se trouver à l’extérieur du bâtiment. La construction de la troisième église est sans doute venue l’emprisonner. A l’époque, le puits avait été recouvert. Il est peut-être d’âge médiéval ” suggère Stephane Berhault. Ars-en-Ré - Schéma Pierre Goguelin

La solution de le recouvrir d’une dalle de verre a été écartée, pour éviter de futurs problèmes de condensation. Le puits a été comblé avec du sablon et recouvert par les nouveaux dallages de pierre.

Le choix pour les dallages a duré de longues semaines. Trouver la pierre rare : celle dont la structure, la densité et la couleur sont les plus approchantes des anciennes. L’agrément s’est porté sur la pierre naturelle des carrières d’Avy, à Jonzac en Charente-Maritime. Elle est résistante au gel et au sel.

Ars-en-Ré - Travaux église - Sols - 20 novembre 2017
20 novembre 2017.

Pour stabiliser le sol, Les Compagnons Réunis ont épandu une vingtaine de m3 de grave calcaire compacté.

Plus les engins roulaient dans l’église, plus le calcaire se tassait et rentrait dans le sable qui tapisse le fond. La couche de graviers s’avère donc épaisse !

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Une chape en mortier batard a été réalisée au-dessus de la grave calcaire. Puis, par dessus, une chape de pose, en mortier de chaux et sable.

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Et par-dessus, encore le dallage. Une à une, les pierres sont brossées, puis poncées pour donner un effet d’usure, plat et rugueux.

Ars-en-Ré - Travaux église - Réfection sols - 25 avril 2018
25 avril 2018.

Les dalles seront jointoyées au mortier de chaux, afin de permettre une meilleure évaporation de l’eau, et réduire ainsi les remontées capillaires dans les murs.

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La partie centrale de l’Allée de la Vierge n’est pas recouverte uniformément de pierres blanches. A la fin du 19ème siècle, une chape, avec des motifs décoratifs noirs incrustés dans un mortier de chaux claire, avait été posée.

“ Ces figures avec quelques variantes sont des trilobes (symbole de la Trinité), des quadrilobes (symbole de la croix) et des palmettes ” indique Pierre Goguelin dans son livre.

Ars-en-Ré - Travaux église - Schéma sols - 25 avril 2018
25 avril 2018.

Les trilobes et quadrilobes sont refaits à l’identique, en mortier de chaux, teintés dans la masse au pigment noir. Les éléments sont préparés à l’avance, puis posés. Un liseré noir entoure le cheminement.

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En parallèle, la suite du travail des sols est anticipée. A plusieurs endroits de l’église on peut encore voir cinq blasons tournesols, dont sont inspirés les motifs des allées de la Vierge et de Saint-Nicolas.

“ Les carrelages reprennent le thème du tournesol, avec sa tige et ses deux feuilles dont le sens est : “l’âme tournée vers Dieu”, note Pierre Goguelin.

Refaire de tels motifs s’avère une opération de longue haleine. Dans un prochain article, je vous raconterai comment Jean-Yves Fazilleau, conducteur de travaux des Compagnons Réunis, s’est creusé la tête pour trouver la solution technique.

Ars-en-Ré - Blasons tournesol - 8 janvier 2018
8 janvier 2018.

Les carrelages de l’autel des Trépassés sont conservés tels que. Cependant un bon coup de nettoyage leur fera le plus grand bien. Les essais de lavage à l’eau ont prouvé qu’un sol d’église ça s’encrasse sérieusement !

Les carreaux d’origine s’avèrent, eux aussi, être de jolie couleur ocre. Jusqu’à présent ils étaient grisâtres.

Ars-en-Ré - Travaux église - Sols - 25 avril 2018
25 avril 2018.

L’électricité était, elle aussi, à reprendre intégralement pour être mise aux normes et pour re-configurer les équipements : éclairage, chauffage et sonorisation.

Des éléments disparates ont été ajoutés au fil des années. Les fils électriques étaient cloués directement sur les piles, dans les murs ou dans les boiseries, et ils longeaient les voûtes.

Pour sonoriser l’église, il y avait de petites enceintes, discrètes certes, mais souvent on entendait mal les prêches et les chants. Ça résonnait, ça grésillait, le son était même parfois interrompu.

L’entreprise d’électricité Brunet-Sicot, de Périgny, est intervenue en mars. Des saignées ont été faites dans les joints des piles pour recevoir et faire cheminer des câbles auto-protégés, pour la lumière et la sono. Les câbles s’y encastreront sans abîmer les pierres.

Des essais de gerbes de lumière ont été réalisés. Les nouveaux luminaires sont discrets et diffusent une lumière douce.

L’Ensemble pastoral du Département va prendre en charge l’intégralité  du matériel de sonorisation. Il y en a pour environ 20 000 €.

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Ars-en-Ré - Travaux église - Ancien chauffage - 2 mai 2018

Quant au chauffage, il était jusqu’à présent assuré par des lustres radiants roses. Il faisait chaud dessous, mais froid à côté. Avec, en plus, l’assurance d’avoir les pieds glacés.

Désormais, dans les deux allées latérales, sous les bancs d’assise du public, les dalles seront recouvertes de tapis chauffants. Les dessins des motifs resteront toutefois apparents. De même que pour la sonorisation, l’Ensemble pastoral du Département participe pour 30 000 € au devis des tapis chauffants.

Les murs sont gorgés d’humidité et de sel. Des brossages doux et réguliers réalisés sur les parties riches en salpêtre ont eu un premier effet bénéfique. Toutefois des traces de salpêtre continuent d’apparaître dans la partie tout juste rénovée, en particulier celle de l’entrée de l’allée de la Vierge, celle du XIIe siècle.

Ça ce n’est pas cool pour ceux qui bossent avec application à la restauration de l’église ! Il paraît qu’il faut prendre son mal en patience. Depuis des années l’eau est remontée jusqu’en haut des murs et des voûtes, pour sûr elle s’y est bien installée. Il va falloir un sacré bout de temps pour que tout s’assèche ! On ne peut qu’espérer que l’été à venir soit bien chaud et sec.

Mais en tout état de cause, il faudra sans doute, dans quelques mois, reprendre  les badigeons sur certaines parties de murs.

Une fois les sols terminés, l’humidité devrait commencer à se résorber. Le ciment nocif pour l’évaporation des eaux n’existe plus. La pose de drains d’étanchéité tout autour de l’église, devrait contribuer à accélérer le processus.

En mai 2017, l’INRAP (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) a mené  des fouilles archéologiques tout autour de l’église. Le rapport a été récemment remis. Il n’y aura pas d’autres fouilles. Les travaux de drainage peuvent être engagés. Les drains ceintureront l’édifice, au dessus des éléments patrimoniaux découverts, notamment des sépultures médiévales, de façon à ne pas les abîmer.

Ces travaux de drainage ne débuteront qu’en septembre, car nous arrivons dans la période estivale, pendant laquelle le chantier doit s’arrêter. Le maire d’Ars, Jean-Louis Olivier, veille tout particulièrement à ce phasage de travaux.

Le chantier de l’Allée de la Vierge devrait se terminer fin juin. A la rentrée les croix de consécration seront restaurées.

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Pour le moment le planning est globalement respecté, en dépit des aléas rencontrés.

Ars-en-Ré - Planning travaux église - 18 novembre 2017
18 novembre 2017.

Voici une courte vidéo qui résume les travaux depuis six mois :

Un tel chantier coûte bien évidemment très cher. Il est évalué, pour l’intégralité, à 1 371 694 € TTC, il comprend les travaux et les honoraires.

Au titre des Monuments historiques/Edifices classés, le Conseil Départemental contribue à hauteur de 25 % et la DRAC à hauteur de 35 %. L’Ensemble Pastoral du Département apporte 30 000 €. Le reste est à la charge de la commune. Soit près de 705 000 € TTC.

“ La municipalité invite les habitants, les entreprises, les amoureux du patrimoine et tous les Amis d’Ars-en-Ré à participer à la sauvegarde de ce précieux patrimoine de l’île de Ré ” peut-on lire dans le dépliant qui propose de faire un don, qui vise à encourager le mécénat populaire et le mécénat d’entreprise.

A votre bon coeur !

L’équipe municipale d’Ars a fait appel à la Fondation du Patrimoine pour lancer la souscription publique. Les dons sont déductibles des impôts. Pour les particuliers, la réduction est de 66 % du don, et 60 % pour les entreprises.

Le don se fait par chèque ou sur le site internet de la Fondation. L’évolution du montant des dons peut être suivie grâce à un compteur, comme dans une opération de crowfunding, de financement participatif. Les dons peuvent être modestes, même 10 € c’est déjà apporter sa petite contribution.

“ Les donateurs bénéficieront de la visite gratuite du clocher et des venelles du village d’Ars-en-Ré ” est-il écrit sur le site de la Fondation du Patrimoine.

Ars-en-Ré - Eglise - Flyer Fondation du Patrimoine - Avril 2018

Le 19 avril une convention a été signée entre Jean-Louis Olivier, maire d’Ars-en-Ré, entouré de plusieurs conseillers municipaux, et Daniel  Bro de Comères, délégué départemental Charente-Maritime de la Fondation du Patrimoine, en présence du Père Michel Cottereau et de Michelle Gendre, membre de l’équipe pastorale. Quelques Casserons étaient présents, comme le proposait l’invitation affichée dans le village à tous ceux qui voulait assister à cette signature.

La Fondation du Patrimoine est de droit privé, reconnue d’intérêt public. Depuis 20 ans, elle soutient environ 800 projets d’intérêt patrimonial par an.

La souscription accompagne les travaux. La convention est signée pour une durée maximale de cinq ans, même si les travaux doivent s’achever fin 2019. La Fondation du Patrimoine s’engage à reverser à la commune d’Ars, maître d’ouvrage, les sommes recueillies, nettes des frais de gestion (6%), en fin de travaux sur présentation des factures acquittées. Les donateurs reçoivent un courrier individuel de remerciement et un reçu fiscal.

19 avril 2018.

A la rentrée, les travaux se poursuivront dans l’Allée Saint-Nicolas, dans l’allée centrale et le choeur. L’église sera momentanément fermée au culte et inaccessible aux visites. “ Les contraintes pour les paroissiens sont importantes, mais le résultat patrimonial en vaudra le coup, pour le bonheur de tous ” assure le maire.

Fin 2019 ou au début 2020, les travaux devraient être aboutis. J’aurais donc encore maintes occasions de vous raconter la suite de cette étonnante et passionnante restauration..

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