Connectez-vous avec... 

MJB, du marais au camion-popotte

« Dix ans de marais, ça rend solide, le sentiment est indescriptible. Je pars vers une nouvelle aventure, forte du travail dans le marais et des rencontres avec la tribu des sauniers. Ils sont des collègues, mais avant tout des amis. Au jour du départ, je me rends compte que c’est comme une famille. Chacun a son caractère, chacun apporte son grain de sel, on discute, on échange, on n’est pas toujours d’accord, on prend l’avis de l’autre et petit à petit cela fait évoluer. C’est tout cela qui renforce » confie Michèle Jean-Bart (alias MJB), saunière de son état.

Michèle Jean-Bart, saunière

Le marais, ça se transmet. Transmission du savoir mais aussi transmission physique. A  Ars-en-Ré, Raymond et Suzanne Massé lui avaient confié leur marais alors qu’elle débutait dans le métier. Dix ans durant elle y a travaillé sans relâche et avec bonheur. Elle est la seule femme chef d’exploitation à la Coopérative des Sauniers de l’île de Ré. Après une formation à Guérande, elle avait décidé de se lancer. Son maître de stage à l’île de Ré a été Fernand Pajot, dont elle dit : « Il m’a tout appris, et même bien au delà des choses du marais. Souvent nous avons philosophé, et je l’appelle encore si j’ai un doute afin qu’il me donne des conseils ». 

Depuis deux ans, Michèle réfléchissait à son devenir.  Continuer la lecture de MJB, du marais au camion-popotte

Damien à l’école des jockeys

L’hiver dernier, je vous avais déjà raconté l’histoire de Damien Morin, 15 ans, qui avait intégré à la rentrée 2012 l’AFASEC, la plus grande et la plus fameuse école française des métiers de courses hippiques, à Chantilly. Au terme de sa première année, et à quelques jours de la rentrée, il se dit vraiment heureux.Damien Morin - août 2013

Comment s’organise la scolarité ? Damien est en alternance, tantôt à l’école, tantôt chez un entraîneur de chevaux de courses. Quand on entre dans cette école, chaque élève se voit attribuer un « patron ». Pour lui cela a été l’écurie de  Monsieur Carlos Laffon-Parias. « J’ai eu beaucoup de chance. Il est un des plus grands entraîneurs de France. Cette année son écurie a gagné le Qatar-Prix de l’Arc de Triomphe. Il a de très bons chevaux et il donne la chance aux jeunes. Ça se passe super bien, il semble content de moi. Je montre que j’ai envie de réussir et je donne le meilleur » explique Damien.

Comment se passe une journée pendant la semaine d’écurie ? Le matin, lever à 5 heures, la navette passe à 5h30 pour emmener les jeunes sur place. Un tableau indique la liste des chevaux qui seront montés, soit par les élèves, soit par les salariés de l’écurie. En moyenne 90 chevaux de propriétaires sont accueillis dans l’écurie, tous des pur-sangs. Continuer la lecture de Damien à l’école des jockeys

Denys

Denys Sadoul est parti le 13 août, un beau jour d’été comme il les aimait. Il était homme de bateau, toujours prêt pour aller faire un tour dans le Fier d’Ars. Son Falbala, auquel il tenait comme à la prunelle de ses yeux, était le prolongement de lui-même. Il l’a acquis en 1971. Nombreux étaient ceux qui connaissaient la silhouette de Denys et son pas flegmatique sur le port d’Ars-en-Ré.  Son ouverture au monde était appréciée, il avait toujours un mot gentil et un regard attentif. Homme de contacts, il savait créer du lien entre les uns et les autres. Il avait toujours de bonnes histoires à raconter sur le port d’Ars, sur les gens de la mer. Depuis le temps qu’il résidait dans le village, il en savait des choses… Il faisait partie du paysage casseron.

Denys Sadoul sur Falbala

Line Mailhé, une de ses fidèles amies, lui a écrit une lettre :  » Tu as aimé jouer avec l’océan, tu t’es enivré des vents marins, porté par l’élégant Falbala. Tu as vécu baigné de l’amour de ta famille, de tes enfants, de tes amis, de tes chats, de tous ceux qui t’approchaient. Continuer la lecture de Denys

Kevin, artiste de pierres

La semaine dernière l’histoire se racontait déjà :  « C’est magnifique, quelqu’un a construit un chateau de pierres avec des voûtes, sur la plage au pied du petit phare des Baleines ». Et puis il y a quelques jours, des amis m’ont montré des photos prises dans ce château fabriqué avec les gros galets plats roulés par la mer. Sur place, le montage  est vraiment sidérant et plutôt magique.

 

Mais qui est derrière cela ? Un jeune homme tout simplement, Kevin, 16 ans. « J’aime bâtir, style ruines » dit-il.  Bâtir est son passe-temps pendant ses vacances à l’île de Ré.  Depuis dix ans, chaque été il y passe dix jours avec ses parents.  A l’âge de 6 ans, il a commencé à construire des murs, des statues, des tours, des édifices de pierres, sur cette même plage. Il affirme faire cela pour le plaisir. « Je n’aime pas me baigner, alors toute la journée je bâtis.. C’est quand même mieux que de brûler des voitures… »Continuer la lecture de Kevin, artiste de pierres

Borgne Fesse, champion du monde des Cazavants

Voilà 47 ans que chaque fin août est organisé le championnat du monde des Cazavants. Un véritable défi pour ceux qui aiment ce bateau, 100 % made in Ile de Ré, conçu et autrefois fabriqué par Gaston Cazavant, charpentier de marine à Ars-en-Ré. La régate, sous l’égide du Cercle Nautique d’Ars-en-Ré (CNAR) intègre aussi les vieux gréements.

Samedi 24 août, le vent est de force 6. Sept Cazavants fibre sont au départ, un grand Cazavant en bois Jeannette Roger, et Djeam un Cormoran rouge un vieux gréement. Tous ont vraiment envie de gagner la coupe qui récompense cette régate locale, qui reste mythique. Dans les années 60, les plus anciens se souviennent d’une cinquantaine de bateaux en course…

Le team de Borgne Fesse, composé de Alex Terrier, Alex Robin et Théo Couderc, remporte l’épreuve haut la main, en finissant premier des trois manches disputées. Borgne Fesse - 47ème champion du monde des Cazavants

17h50 premier départ, coefficient de marée 96, ça souffle fort et il y a un bon clapot. Le parcours prévoit un aller-retour pour chaque manche et des virements de bouées à tribord. Ça risque d’être sportif ! 2ème manche, le vent forcit à 16 noeuds, avec de bonnes rafales de 23 noeuds.  Les nuages se dégagent. Comme pour la première manche, le match est serré entre trois bateaux, Continuer la lecture de Borgne Fesse, champion du monde des Cazavants

Olivier Suire Verley à l’affiche à Broadway

Tous les deux ans Olivier Suire Verley, artiste peintre installé aux Portes-en-Ré, expose aux Etats-Unis, à l’invitation de Addisson Art Gallery, galerie située à Cape Cod sur la côte Est. La ville est un des lieux de villégiature de bord de mer apprécié par les New Yorkais et les Bostoniens. 

Du 10 au 31 août, Olivier Suire Verley y expose des scènes de foules et quelques marines. Cette année, la galerie lui a fait le cadeau d’afficher une de ses oeuvres à Time Square, en plein centre de New York. « Cela fait dix ans que je travaille avec ces galéristes, la surprise était totale. J’ai été médusé de voir cela. D’habitude ce sont plutôt les Rolling Stones ou General Motors qui sont affichés là » livre-t-il, encore sous l’effet de la stupéfaction. « Quand on fait de la peinture, on ne s’attend pas à cela. Un Rétais de la Rivière à Broadway, il y a quand même un grand pas à franchir !« . Olivier Suire à Broadway

D’autant qu’être ainsi présenté ne s’obtient pas facilement. Le visuel de l’affiche est soumis à délibération d’une commission qui juge de la pertinence du sujet. C’est à l’évidence la reconnaissance d’un grand talent d’artiste, Rétais de surcroît, qui reste toujours modeste malgré le succès. 

Charles Aznavour chantait « J’me voyais déjà en haut de l’affiche« . Pour Olivier Suire Verley, c’est fait !