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10 villages rétais en chansons et contes

Connaissez-vous Le voyage de Théodule dans l’île de Ré ? En patois, Vouyage de Thiodule dans l’île de Rèye. Cette chanson date du début du 20ème siècle.

Son auteur n’a jamais identifié. Pourtant ce monsieur n’avait pas besoin d’aller à l’autre bout du monde. Faire route des Portes à Rivedoux était déjà un voyage en soi !

Vouyage de Thiodule dans l'île de Rèye - Dessin de Michel FruchardCette chanson est très connue à l’île de Ré, les couplets racontent : « Les Portingalaises aiment à danser, elles sont heureuses quand elles peuvent se trémousser. Les Villageoises aiment à causer . Les vieilles Loidaises aiment le vin blanc et les jeunes aiment les galants. Dans les capitales Ars et Saint-Martin, les dames ont de beaux chapeaux. Les gens de La Couarde sont connus pour leurs bains de mer. Les Boitaises sont plus culottées que leurs ânes. Les Flotttaises se passeraient de manger pour aller danser. Les Maritaises et les Nouasaises ne portent plus leurs sabots et mangent du gigot. Les Rivedousaises vont à la pêche aux palourdes et aux huitres en regardant passer les paquebots ».

A la fin de la chanson, il est dit : « Les Rétaises sont comme des braises, mais bien sages également. Si elles aiment s’amuser, elles savent aussi travailler ». Ah, nous voilà rassurés !

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Autrefois les Rétais se réunissaient à la veillée pour passer un bon moment, raconter des histoires et chanter. Continuer la lecture de 10 villages rétais en chansons et contes

Projet de reconstruction de La Trou d’cheu

La Trou d’Cheu est le nom que porte une des écluses à poissons aux Portes-en-Ré. Il semble qu’elle ait été abandonnée au milieu du siècle dernier. N’étant plus consolidée régulièrement, ses murs se sont effondrés sous l’effet de la houle et des vagues. Et quand une écluse n’est plus entretenue, elle se dégrade très vite, elle tombe quasiment en ruines. En plus, la mer emporte toutes les pierres au large. Les Portes en Ré - Ecluse la Trou d'cheu - 13 août 2015

Le Trou d’Cheu est le mot patoisant pour dire Le Creux du Cul. Un temps elle s’est aussi appelée Le Creux du Ciel. Qui lui a donné ce nom ? Et pour quelle raison ? Personne ne le sait. Il est vrai que sa forme est ronde, et que sa superficie n’est pas très grande, comparée à d’autres écluses à poissons. Aujourd’hui on dit LA Trou d’Cheu, au féminin, sous-entendant le mot féminin écluse. Comme quoi, au fil du temps, les noms évoluent sensiblement…

Elle est située à gauche de l’actuel club nautique des Portes, et juste en face de la plage du Gros Jonc, la plage des familles du village. Sur la partie gauche de La Trou d’Cheu, une écluse est toujours en activité, La Chiouse, dont les détenteurs successifs s’en sont toujours occupés régulièrement.

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Elle existait déjà en 1727 comme l’indique le livre de Jacques Boucard « Les Ecluses à poissons dans l’île de Ré ». A cette date, le ministre de la Marine avait missionné le commissaire de la Marine, Le Masson du Parc, afin d’inspecter les lieux de pêche du littoral français. A l’île de Ré, il a dénombré 114 écluses à poissons. Outre procurer la nourriture à ceux qui en détenaient le droit de pêche, « elles protègent la côte le long de la mer sauvage qui, y brisant Continuer la lecture de Projet de reconstruction de La Trou d’cheu

Du pilot au silo, de sel

Le pilot c’est le tas de gros sel récolté par les sauniers, qu’ils édifient jour après jour sur leurs marais pendant l’été.Pilot de sel - Ile de Ré - septembre 2015Le silo c’est l’endroit où les sauniers entreposent le sel qu’ils ont récolté pendant la saison, en prévision de la commercialisation de leur produit. Pour la soixantaine d’adhérents de la Coopérative de l’île de Ré, le lieu se situe dans l’enceinte d’Ars.Silo de sel - Coopérative Ars-en-Ré - septembre 2015

Du pilot au silo : entre ces deux étapes un travail important de manutention est réalisé, c’est le charroi du sel. Chaque année, début septembre, le gros sel est mis à l’abri même si la météo peut permettre parfois de tirer encore du sel dans les marais dans le mois qui vient. Ce ne semble pas être le cas cette fois-ci. Les marais ont vu la pluie, et pas mal de pluie cette semaine !

Saint-Clément - Charroi de sel - 10 septembre 2015

Les sauniers coopérateurs parlent aussi d’entraide. Selon un planning pré-établi, ils vont d’un marais à l’autre prêter main forte à leurs semblables, qui à leur tour, viendront leur rendre le même service. C’est aussi l’occasion de se rencontrer et Continuer la lecture de Du pilot au silo, de sel

Marc Gadras, forestier des dunes rétaises

Invité le 13 août, lors de l’assemblée générale de l’Association pour la Protection du Patrimoine des Portes-en-Ré (A4P), Marc Gadras a retrouvé pour une matinée l’île qu’il aime tant.

Pendant près de 45 ans ce monsieur a occupé la fonction de forestier de l’île de Ré. Il a sillonné de long en large les espaces boisés, beaucoup de Rétais de sa génération se souviennent de lui.

Marc Gadras - 13 août 2015

L’écouter raconter ses histoires est un moment captivant et charmant.

Marc Gadras est arrivé dans l’île en 1955, il a alors 31 ans. Il habite la cabane des Fontaines, aux Portes-en-Ré, la petite maison située en haut de la dune de la Conche. « Je ne saurais jamais assez remercier la Direction des Eaux et Forêts pour leur gentillesse de m’avoir logé dans cette petite maison des Fontaines pendant 45 ans. Cela m’était très agréable car j’étais sur place pour mon travail. Je disposais d’un petit parking au bas de la dune où je pouvais mettre mon matériel » a-t-il déclaré en préambule de son intervention, qu’il avait soigneusement préparée à l’avance.

Dans les années 50, les dunes de l’île de Ré sont pratiquement nues. Monsieur Gadras père a monté une entreprise agricole et forestière sur le continent, il initie son fils Marc au métier. Une mission de sous-traitance leur est confiée par les Eaux et Forêts : les plantations des dunes et leur entretien. Il leur faut préparer les semis de graines de pins, labourer, planter de jeunes arbres, débroussailler les pare-feux. A l’époque, l’île ne dispose pas d’équipement technique pour ce travail. Marc Gadras se souvient : « Pour rejoindre l’île de Ré j’ai parcouru 135 kilomètres, à la vitesse de 20 km/h avec mon tracteur. Il tirait une remorque portant une charrue spéciale pour ouvrir des sillons larges et profonds, et un semoir à graines que nous avions spécialement fabriqués ». Pour remplir sa mission il est aidé par deux employés des Eaux et Forêts. Le responsable à La Rochelle leur donne les instructions.

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Marc Gadras a planté les cupressus Continuer la lecture de Marc Gadras, forestier des dunes rétaises

Tout savoir (ou presque) sur l’île de Ré

Même lorsqu’on connaît bien l’île de Ré, ses paysages, son passé, ses habitants, on ne sait jamais tout. Preuve en est le livre co-écrit par Jacques Boucard et Mickaël Augeron. Sorti en mai dernier, cet ouvrage de près de 200 pages constitue une abondante source d’informations.Ile de Ré - Co auteurs : Mickaël Augeron et Jacques Boucard

Le livre comporte quatre séquences.

La première partie est consacrée à l’histoire et aux histoires. Elle débute il y a 18 000 ans, lorsque l’île de Ré faisait partie intégrante du continent, avant la formation des quatre îlots : les Portes, Ars, Loix et Saint-Martin. Le texte raconte par quoi est passé ce petit lopin de terre : Les premiers Rétais –  Au pays du sel et du vin – Une île en crise – La nécessaire reconversion économique – l’Essor du tourisme – L’identité insulaire en voie de redéfinition. Un digest qui explique l’évolution de l’île et ses nécessaires et salutaires rebonds.

La seconde partie est intitulée Entre Terre et Mer. Le texte est très documenté, il s’intéresse à la géographie et au patrimoine. Il est étayé par de magnifiques vues de l’île, une quinzaine Continuer la lecture de Tout savoir (ou presque) sur l’île de Ré

Au bout du fil de Caroline Tiné

Quand Caroline Tiné n’est pas aux Portes-en-Ré, elle séjourne en Inde. Ce continent la ressource et l’inspire. C’est très loin de chez nous que le prénom Yo, s’est imposé et qu’elle lui a donné celui de l’héroïne de son dernier roman : Le Fil de Yo.

Le livre est paru en février. Depuis six mois, il connaît un vrai succès, le bouche-à-oreille fonctionne bien. A l’île de Ré, elle a dédicacé son ouvrage plusieurs fois, et elle a été présente à L’île aux Livres au Bois-Plage ce week-end.

Il y a quelques années, j’ai rencontré Caroline lorsqu’elle était journaliste et dirigeait la rédaction du magazine de décoration, Marie-Claire Maison. Le Fil de Yo est son troisième roman. Elle n’avait pas publié depuis 22 ans, trop occupée par ses obligations professionnelles. Et pourtant ses deux premiers romans, L’Immeuble et Le Roman de Balthazar ont été récompensés par des prix. 

J’ai beaucoup aimé son dernier livre. Yo est infirmière dans une clinique psychiatrique, un établissement réputé pour ses méthodes libérales. Elle a 30 ans, et déjà un passé certain. « Elle avait choisi ce métier pour écouter tranquillement le silence et tenir la souffrance à distance ». 

Un fil la tient debout, costaude malgré ses allures de jeune femme frêle : « C’est un fil qui se tire avec une infinie précaution, parce qu’il renferme tout le mystère de la connaissance de soi… Un fil invisible se déroule et m’indique la direction à suivre ». Un fil de sagesse, de façon de vivre pour appréhender le quotidien de façon la plus équitable possible. Dans son passé, ce fil a tangué, il tangue encore parfois dans sa vie quotidienne, mais il la tient droite.  « Elle a un don qui lui permet de recadrer les paumés » est-il écrit.

Quand on pense à clinique psychiatrique, on pense souvent Fous. Mais les Fous ne sont pas Continuer la lecture de Au bout du fil de Caroline Tiné