La démolition des blockhaus de la Conche des Baleines prend tournure. Le premier est à terre, le second n’est plus que l’ombre de lui-même.
10 novembre 2016.
Lorsque les engins se sont attaqués à ces blocs de béton et de ferraille, nous avons été nombreux à être dubitatifs sur la rapidité à les voir disparaître. L’armée allemande avait prévu du solide pour ces défenses de plage, construites pour se prémunir d’un éventuel débarquement. Ils les avaient aussi équipées de canons.
Il faut se rendre à l’évidence, l’édifice comporte plus de ferrailles que de béton. Les pan, pan, pan, pan des pelleteuses font écho sur la plage.
La destruction des blockhaus de la Conche des Baleines ravive incontestablement les souvenirs. Dans les années 50, une famille, mi-rochelaise mi-rétaise, a passé quatorze ans de vacances en plein air, en haut de la dune. Les blockhaus de Couny étaient la cabine de bains des parents et des enfants.
7 octobre 2016.
« Nous habitions La Rochelle, et nous venions régulièrement à l’île de Ré au moulin de Saint-Clément, que mes grands-parents louaient à l’année. Après la Libération, Jacques, mon père, qui était avocat à La Rochelle, a saisi l’opportunité de louer deux blockhaus aux Domaines. Ça a duré de 1947 à 1961. Mes parents, mon frère, ma soeur et moi, partions au blockhaus le matin avec le pique-nique, nous passions la journée à la plage et nous rentrions le soir au Moulin Daniel » raconte Michel Villeneau.
Dans quel état étaient les blockhaus lorsque Jacques Villeneau en est devenu locataire ? « Tout était vide, tout avait été pillé, il n’y avait plus rien. Deux ans après la fin de la guerre, ils étaient remplis de sable. C’était un endroit de rêve. J’avais 6 ans quand ça a débuté pour nous ».
Comment ont-ils été aménagés pour se transformer en lieu de farniente ? « Nous nous y sommes tous mis. Nous avons pelleté le sable, nous avons nettoyé et chaulé l’intérieur. Les deux ouvertures des blockhaus étaient béantes. Mon père a fait fabriquer des portes en bois, par le menuisier de Saint-Clément. Ainsi que cela se fait pour les hangars à sel, nous les avons passé au carbonyle, pour éviter la pourriture. Nous avons barbouillé nous-mêmes. Il y avait encore les filets de camouflage en fil de fer, au dessus des portes, nous les avons conservés un certain temps, puis ils ont été rongés par la rouille.
Chaque printemps nous sauvions les bébés crapauds pélobates qui étaient tombés dans les blockhaus, et qui ne pouvaient plus remonter. Nous les faisions sortir un à un, il y en avait beaucoup alors, des centaines, ça sautait partout ! Maintenant c’est une espèce protégée, car menacée ».
Depuis mon dernier post, fin mai, la physionomie de la digue Ouest de Saint-Clément a bien changé. Et même si le chantier de reconstruction suit une évolution programmée, il avance à toute allure entre le Pas de la Salle et le Pas de la Digue.
Anguillette – Mardi 20 septembre 2016.
LE PARAPET EN BÉTON ARMÉ. Débuté au Pas de la Salle, il va se prolonger sur la totalité du cheminement. Au tout début du chantier, le décaissement ressemblait à espace béant de 3,50 mètre de hauteur. Une fois le mur terminé à cet endroit-là, de la terre a été remblayée, afin de combler. La hauteur apparente du mur est d’un mètre environ. A pied, la mer se voit bien par dessus. Début juillet, 800 mètres de mur sont déjà édifiés. Au total la digue est longue de 1,6 km.
Ce n’est qu’une fois les enrochements posés en contrebas, côté estran, que la finition du mur peut être entreprise. Le couronnement du mur est de forme arrondie. Les tronçons de finition, également en béton, sont fichés dans le haut de l’édifice. Ils sont de la même couleur que le mur. Jolie esthétique tout cela !
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Ce mur attire particulièrement les oiseaux, mouettes et goélands notamment.
A Saint-Clément des Baleines, quatre blockhaus de la Conche sont voués à la destruction. Deux après le virage de la Solitude, au lieu-dit Zanuck, et deux autres plus loin, en direction des Portes, au lieu-dit Couny. Les travaux de démolition ont débuté mardi dernier 20 septembre.
Les voir être détruits me rend pensive et perplexe…
Au fil des ans, sous l’effet des tempêtes et de l’érosion du sable nous les avons vus glisser peu à peu depuis le haut de la dune, pour finalement se caler bien tranquilles sur la plage. Enfant, mon père racontait à notre fratrie : « C’est pas beau la guerre » en nous commentant ces traces nazies. Nous ne comprenions pas obligatoirement grand chose, mais si les parents le disaient, c’est que c’était vrai et important.
De surcroît, ces blockhaus n’ont jamais servi, la guerre s’est arrêtée avant même qu’ils ne trouvent et ne prouvent leur utilité. Tous ces édifices de béton et casemates, sur le mur de l’Atlantique, ne sont que le témoignage de la bêtise des hommes, lorsqu’ils souhaitent montrer leurs petits muscles testostéronés.
Faut-il conserver ces énormités, auxquelles l’oeil s’est habitué, et qui font figure de quotidien patrimonial ?
Le 23 août 1921, Florent et Olga Massé créaient le restaurant le Chat Botté à Saint-Clément des Baleines. 95 ans plus tard, le Chat Botté est toujours là. C’est sans aucun doute un des plus anciens restaurant de l’île de Ré.
Samedi 17 septembre 2016, Thomas et Emilie Decock, nouveaux gérants de l’établissement, proposent à leurs clients de fêter l’événement. Pour l’occasion, Thomas a demandé à Daniel Massé, figure du pays et ancien propriétaire, de se joindre à lui. Et même si Daniel a cédé son restaurant le 18 mars 2015, il n’est jamais loin pour apporter son appui et son savoir-faire, et pour perdurer l’esprit qui, jadis, a animé le restaurant de ses grands-parents et de ses parents.
Thomas et Daniel seront en cuisine. A deux, ils ont concocté un menu spécial anniversaire, qu’ils réaliseront à quatre mains. Thomas en chef, et Daniel en« aide-mémoire », comme ils s’amusent à le dire.
Le credo du Chat Botté, celui des débuts de Olga et de Florent, est le même depuis 95 ans : des produits frais, de saison, des produits d’ici.
En 1921, Olga est alors aux fourneaux, pendant que Florent s’occupe des achats auprès des producteurs locaux. On disait à l’époque qu’on allait se restaurer Chez Florent, ou Chez Massé. Continuer la lecture de Le Chat Botté a 95 ans
Le Clos Benony est un jardin communautaire à Saint-Clément des Baleines. Chaque fin d’été, les jardiniers se réunissent pour élire La plus belle tomate. Samedi dernier, 3 septembre, ils étaient 18 à concourir pour décrocher le précieux titre. C’était la 3ème édition.
Qu’entend-on par la plus belle tomate ? Est-ce la plus grosse, la plus dodue, la plus biscornue, la plus petite, la plus chouchoutée, la plus rouge, la plus goûteuse, la plus singulière, la plus lourde, la plus mûre ? La plus quoi ? Est-ce une question de variété ? Le jury ne dit rien. Le règlement et les critères sont un peu folklo.
L’enjeu est énorme : le jardinier primé reçoit un diplôme signé du maire de la commune, Gilles Duval.
Suspens… Les jardiniers du Clos Benony vont chercher leur tomate magique directement sur le pied. Ils sont une dizaine. A eux, se joignent depuis l’année dernière, d’autres Villageois, venus du Gillieux, ils arrivent avec leur tomate chérie dans les mains.